H.A.R

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H.A.R (?-?)

H.A.R est une des artistes les plus anciennes de la Collection Sainte-Anne. Le corpus est composé de neuf dessins datés entre 1905 et 1906. Les œuvres proviennent d’un don du docteur Marchand à l’hôpital lors de l’Exposition du Premier Congrès Mondial de Psychiatrie en 1950. Depuis 1846, la Maison de Charenton, aujourd’hui connue sous le nom d’hôpital Esquirol (Saint-Maurice, Val-de-Marne), se spécialise dans les soins apportés aux malades. À Charenton, grâce au docteur Jean-Étienne Esquirol (1772-1840), la pensée psychiatrique est structurée autour de la mission de soin du malade, considéré comme un individu. Pour ce faire, l’hôpital privilégie une énergie de cohésion entre les malades en offrant des lieux de partage dans leur lieu de vie et de soin. Ainsi, des salles de lecture, bibliothèque, salles de jeux[1] ou encore des salles de réunion où les sœurs Augustine[2] encadraient les travaux d’aiguilles des patientes sont accessibles pour les malades. Cette atmosphère communautaire est retranscrite dans les dessins d’H.A.R.

En 1858, l’ouverture de la Maison Charenton pour tout type de patients amène de nouvelles professions dans l’hôpital, notamment dans le domaine de l’art comme des architectes, peintres, graveurs, photographes, hommes de lettres[3]. Cet élément pourrait justifier d’une activité artistique et culturelle croissante dans l’institution.

C’est dans ce contexte que H.A.R exécute ses croquis au fusain et à la sanguine. Cinq des neuf œuvres ont comme sujet des femmes à l’ouvrage. Ces dessins rappellent des images célèbres comme l’iconographie de Pénélope ou des brodeuses de Jean-François Millet (1814-1875). En effet, ces scènes d’intérieur représentant des brodeuses s’intègrent parfaitement dans les codes iconographiques classiques du sujet. L’artiste évoque également des moments de lecture, d’attente, ainsi que deux portraits expressifs. H.A.R est une artiste de la Collection qui devrait avoir reçu une éducation artistique. Sa maîtrise du dessin est certaine, et le fait de manier le fusain et la sanguine est révélateur d’une connaissance plus spécifique des matériaux.

Son activité artistique fait écho à René Ernest Brédier professeur de dessin et artiste de la Collection Sainte-Anne. Tous deux ont croqué la vie institutionnelle, l’une à la Maison Charenton au service des femmes, l’autre à l’hôpital Sainte-Anne au service des hommes. Par ses œuvres dessinées, H.A.R participe par son témoignage à la connaissance de l’intérieur des murs des institutions psychiatriques au tout début du XXe siècle.

Étant donné leur académisme, les œuvres de l’artiste ont été oubliées puis redécouvertes et mises en valeur aujourd’hui au Musée d’Art et d’Histoire de l’Hôpital Sainte-Anne, constituant l’un des plus anciens corpus d’art hospitalier de la Collection.

[1] STRAUSS Charles, La maison Nationale de Charenton, Paris, Imprimerie Nationale, 1900, p. 110.

[2] Ibid., p. 141.

[3] Revue de la Société Française d’Histoire des Hôpitaux, « L’hôpital national de Saint-Maurice », n°86, 1997, p. 27.

H.A.R, MAHHSA, inv. 0036

H.A.R
(Sans titre)
1905
Fusain sur papier
31,5 x 48 cm
MAHHSA
Inv. 0036
© CEE-MAHHSA Dominique Baliko

H.A.R, MAHHSA, inv. 0032

H.A.R
(Sans titre)
1906
Fusain sur papier
30 x 47,8 cm
MAHHSA
Inv. 0032
© CEE-MAHHSA Dominique Baliko

Retrouvez les œuvres de H.A.R sur la Collection en ligne.

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